LA MONTÉE EN PUISSANCE DES ACHATS RESPONSABLES

Publié le Thursday, July 22, 2021 par Marie Le Cam

Provigis aide au quotidien des centaines de milliers d’entreprises à travailler ensemble dans le respect des obligations légales et réglementaires. Les entreprises référencées sur la plateforme contribuent de ce fait à rendre encore plus vertueuses les relations entre fournisseurs et donneurs d’ordres. C’est pourquoi Provigis propose un programme de certification afin de reconnaître ces bonnes pratiques et aider à les promouvoir.

Le programme de certifications

Ces certifications Provigis ont vocation à être des outils de communication aux services des entreprises, afin de gagner en visibilité grâce à leurs atouts achats responsables. La logique de certification en 3 niveaux doit permettre aux entreprises dans une dynamique de développement de leurs bonnes pratiques achats responsables afin de montrer leur maturité sur ce sujet.

Découvrez dans le magazine Provigis, le grand dossier “Achats responsables au cœur de la stratégie RSE et des PME.

Selon le baromètre 2019 de l’Observatoire des achats responsables, 9 organisations sur 10 déclarent avoir mis en place une politique d’achats responsables, dont près de la moitié depuis plus de 5 ans.

Les acheteurs progressent donc dans ce domaine. Pour près de 50% des répondants, la mise en œuvre ou l’approfondissement d’une telle politique constitue même une priorité.

Pour faire le point sur cette dynamique positive, nous avons interrogé deux acteurs engagés. Jean-Luc Barras, CPO Eiffage et président du Conseil National des Achats et Rémi Lenthéric, Directeur Général de Provigis.

Quelle est la maturité des entreprises en matière de gestion des risques ESG? (Environnementaux, Sociaux et Gouvernance) ou pour être plus positif, les entreprises mettent-elles la RSE au cœur de leur stratégie de transformation?

Les écarts peuvent être extrêmement importants d’un secteur à l’autre. Certains secteurs ont totalement pris en compte ces nouvelles exigences et ces nouvelles opportunités depuis longtemps alors que d’autres sont dans une prise en compte stratégique de cette démarche beaucoup plus récente. Cela peut être lié au fait que certains ont été confrontés au sujet très vite, d’autres moins. Pour certaines entreprises, c’est un impératif. Un acteur comme L’Oréal se doit d’être premier de la classe sur ces sujets-là. Dans le BTP, nous avons une maturité assez récente, même si une société comme la mienne, Eiffage, est très en pointe.

De plus, la transformation présente des risques pour tout le monde, mais pour certains, elle a pu paraître plus accessible. Elle s’est considérablement accélérée avec la digitalisation. Il y a eu une professionnalisation de la gestion des risques et de la conformité, et du coup, sur des sujets comme le développement durable et plus globalement la RSE, il y a pu avoir une intégration stratégique de ces dimensions. 

Jean-Luc Baras, Président du CNA

Les critères RSE entrent aujourd’hui dans tous les process de sourcing, de performance, de création de valeur. Et nous observons que la crise a accéléré cette montée en puissance.

Rémi Lenthéric, Directeur Général Provigis
Comment cela implique-t-il la stratégie achat? Comment qualifiez-vous le niveau de connaissance des acheteurs en matière d’achats?

 On touche une matière assez compliquée. Les modèles de coûts complets qu’on avait construits étaient déjà très sophistiqués, mais quand on veut faire un véritable bilan carbone et que l’on doit tenir compte de tous les axes qui vont rentrer dans la RSE, c’est encore bien plus sophistiqué. On s’aperçoit qu’on a une matière dans laquelle il faut avoir une approche très analytique, très complète, d’autant plus que l’usage va être très important : une voiture hybride mal utilisée va se révéler totalement contre-productive. Donc il va falloir modéliser tous ces facteurs, savoir les driver. Cela renforce nécessairement l’approche stratégique car il faut avoir quelques convictions profondes. C’est stratégique dans le sens où cela rend moins opportuniste la démarche d’achat. Lorsque l’on va chercher de la performance globale, y compris RSE, on peut être moins opportuniste sur le prix.

Jean-Luc Baras, Président du CNA

Lancés il y a une petite dizaine d’années par les structures les plus matures, les programmes actuels d’achats responsables étendent de plus en plus leur périmètre. Dans l’industrie, par exemple, les équipes achats sont passées d’un rôle de suivi de la conformité légale et réglementaire auprès de leurs fournisseurs de rang 1 à une relation proactive avec leurs partenaires stratégiques ainsi que leurs fournisseurs de rang 2, 3 et plus, pour une meilleure coordination verticale et horizontale de l’ensemble de la chaîne. En matière d’achats responsables, la gestion des risques reste une composante essentielle et un exercice tactique complexe qui consiste à réévaluer les risques pour identifier les situations vraiment critiques et les axes d’amélioration.

Rémi Lenthéric, Directeur Général Provigis
Les acheteurs appréhendent-ils, selon vous, les coûts globaux des produits qu’ils achètent?

Cette approche analytique demande d’aller chercher des compétences très diverses et cela repositionne l’acheteur dans la nécessité d’être un agrégateur d’expertise. Si l’on prend n’importe quel sujet qui a l’air simple au départ, comme par exemple l’achat de masques, cela devient vite compliqué : il y a la logistique amont, le recyclage… Cela demande de développer des outils, pour gérer l’ensemble des données, donc cela impacte le SI. Cela demande de raisonner en termes de productivité, car il y a de nombreuses informations qu’il faut avoir vite. Cela implique de mutualiser un certain nombre de choses, car la récolte des informations est également extrêmement coûteuse. La professionnalisation des acheteurs par la formation sera clé dans ce domaine de la RSE. Et les acheteurs ne sont jamais assez formés sur ces sujets. Pour certains acheteurs, on en est encore au premier stade de la prise de conscience. Cela reste pour eux encore assez conceptuel : il faut redescendre dans le concret. La RSE, c’est quoi ? Qui est engagé ?

Jean-Luc Baras, Président du CNA

Selon le baromètre 2019 de l’ObsAr sur les achats responsables, 64 % des organisations ayant mis en place une politique d’achats durables appréhendent “parfois” (43 %) ou “systématiquement” (21 %) les coûts globaux des produits. Cette progression de 5 points par rapport à 2018 prouve que les achats responsables sont bien considérés comme un facteur de performance. 

En revanche, la prise en compte des coûts complémentaires, tels que les coûts d’utilisation, les coûts des risques ou encore la valorisation de la création de valeur, est en forte baisse. Plus de 40 % des répondants ne prennent pas en compte les coûts de fin de vie des produits.

Rémi Lenthéric, Directeur Général Provigis
Quel rôle peut avoir un acteur comme Provigis?

Mieux connaître ses fournisseurs est une clé, cela a vraiment de la valeur. Il y a une dimension relationnelle et de confiance à créer. Tout ce qui contribue à cela, et notamment la transparence nécessaire sur un certain nombre d’éléments et l’accès rapide à un certain nombre d’informations, est crucial. La première question que je me pose avant de savoir ce que quelqu’un peut m’apporter, c’est qui il est. Avoir cette information claire, objective, opposable est clé. Les services achats ont également besoin de bien faire comprendre ce qu’ils attendent. Il faut gagner du temps sur cette partie-là.

Jean-Luc Baras, Président du CNA

Nous voulons libérer les acheteurs du temps passé à recueillir cette information fiable et normalisée sur leurs fournisseurs. Notre objectif est de fluidifier et de sécuriser la relation, pour que les acheteurs puissent tisser ces liens de confiance et se concentrer sur la dimension transactionnelle.

C’est le cœur de leur métier.

Rémi Lenthéric, Directeur Général Provigis

Pour en savoir plus sur l’échange, notamment sur l’accélération de la diffusion du Label FRAR mais aussi les actions à mettre en œuvre pour favoriser un meilleur partenariat entre les grands donneurs d’ordres et leurs fournisseurs PME/TPE, téléchargez le 1er YearBook des Change Makers.

Marie Le Cam

Curieuse des nouvelles technologies et des services numériques existants, j’ai à cœur de favoriser le partage et les réflexions sur les thématiques qui peuvent apporter des solutions innovantes et digitales aux nouveaux enjeux des Directions Achats !

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