RSE : Bilan 2021 et tendances à venir pour 2022

Publié le Tuesday, January 4, 2022 par Rémi Lentheric

En ce début d’année 2022, nombreuses sont les entreprises qui font le bilan de leur performance globale et des mesures qui leur ont permis d’atteindre leurs objectifs.

Après bientôt deux années de crise sanitaire, la plupart des entreprises ont dû se réinventer afin de maintenir leur activité malgré les incertitudes quotidiennes. 

Bien que cette crise fut source de nombreuses inquiétudes elle a aussi permis d’accélérer des transitions aussi bien économiques qu’éthiques au sein des entreprises engagées dans une politique de Responsabilité sociale des entreprises (RSE).

Bilan 2021 et tendances à venir pour 2022

Déjà connue avant la propagation de l’épidémie de la Covid-19, la RSE a pris une nouvelle importance au cœur de la crise.

Adopter un comportement socialement responsable et respectueux de l’environnement est devenu incontournable au regard des nombreuses interrogations éthiques, écologiques, économiques et politiques soulevées par la crise. 

Dans ce sens, la Commission européenne donne une définition claire de la RSE, définissant le concept comme “ l’intégration volontaire, par les entreprises, de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes ”.

Les pratiques adoptées par les entreprises laissent présager une place prédominante de la RSE dans les entreprises et une remise en question pour celles qui ne sont pas encore engagées officiellement.

Quelles sont les pratiques courantes de la RSE en 2021 et quelles sont les perspectives d’avenir de la RSE dans un avenir proche et dans un futur plus lointain ?  Faisons le point.

Les éléments socles de la RSE en 2021

Au cœur des préoccupations de la RSE, résident tout d’abord des valeurs éthiques et environnementales dans la façon d’envisager une chaîne de production mais aussi concernant le bien-être des salariés de l’entreprise.

La RSE aspire en effet à une vision globale des impacts de l’entreprise tant du point de vue écologique que du point vu éthique et moral auprès de son personnel, de ses clients et autres partenaires commerciaux.

Aussi, il est possible de recenser les objectifs phares de la RSE dans les entreprises en 2021 dans l’ordre suivant :

  1. La gestion des attentes clients : le rôle des clients est fondamental car ces derniers sont de plus en plus concernés par les valeurs auxquelles leurs partenaires commerciaux adhèrent. En 2021, les chiffres montrent qu’une entreprise engagée dans une démarche RSE impacte grandement les actes d’achat des clients ainsi que leur fidélisation.
  1. La mise en place de dispositifs en faveur de la santé, de la sécurité et de la qualité de vie au travail : les entreprises engagées dans une politique RSE priorisent la qualité de l’environnement de travail de leur personnel en aménageant le temps de travail et l’environnement de travail des salariés ; en réduisant la pénibilité au travail ; en veillant à la suppression des risques psychosociaux et en appliquant la parité hommes-femmes et l’égalité salariale.
  1. La gestion des investisseurs financiers : les entreprises mettent en place des procédures internes (obligation/ devoir de vigilance des entreprises) afin de contrôler les risques de corruption en particulier lorsque les entreprises sont amenées à collaborer avec des entreprises étrangères où la réglementation est moins stricte.
  2. La gestion des impacts environnementaux : point central des entreprises engagées dans une démarche RSE, il s’agit de contrôler l’empreinte carbone des activités de l’entreprise. Les entreprises mettent en place des mesures concrètes telles que : la réduction de leur consommation d’eau et d’énergie, les émissions de gaz à effet de serre, de nouvelles installations de chauffage écologique, une meilleure isolation des bâtiments etc.
Les tendances RSE à compter de 2022

Obligation – devoir de vigilance et conformité fournisseurs : piliers centraux de la RSE

L’obligation de vigilance qui impose à l’entreprise donneuse d’ordre de vérifier que son cocontractant s’acquitte des formalités légales obligatoires (déclarations sociales, fiscales, déclarations d’activités, déclarations des salariés travaillant pour elle etc) reste un pilier central de la RSE pour les entreprises.

De même, le devoir de vigilance (loi n°2017-399 du 27 mars 2017) qui tend à prévenir, notamment, les risques d’atteinte à l’environnement liés à l’activité des sociétés et de leurs filiales, sous-traitants ou fournisseurs (articles 225-102-4-1 et 225-102-5 Code de Commerce) est une obligation légale inhérente à la mise en place d’une politique de RSE.

Ces obligations imposées aux donneurs d’ordres vont dans le sens d’une transparence à l’égard des parties prenantes de l’entreprise. 

Dans ce sens, la plateforme nationale d’actions globales pour la responsabilité sociétale des entreprises, recommande la mise en place d’un reporting extra-financier permettant de documenter l’impact des activités des entreprises dans 3 domaines : environnementales, sociales et  gouvernance.

Le choix du fournisseur dicté par les valeurs de la RSE

En 2021, les entreprises ont choisi leurs fournisseurs selon différents critères dont plusieurs révèlent la place prédominante de la RSE :

Critère n°1 : des valeurs et convictions similaires quant aux produits/services proposés par les fournisseurs.

Critère n°2 : la situation géographique du fournisseur (relocalisation des fournisseurs).

Critère n°3 : la situation économique/solvabilité du fournisseur.

Critère n°4 : le prix des produits/services et les frais supplémentaires : transport, emballage, conditionnement, etc.

Critère n°5 : les modalités d’achat et les facilités de paiement

Critère n°6 : les services associés (SAV, assistance technique, dépannage, etc.)

Critère n°7 : la réputation du fournisseur concernant la qualité des produits, le respect des délais de livraison, la réactivité du fournisseur dans la communication etc.

Critère n°8 : les références qualité : certifications, labels, chartes, normes etc.

Critère n°9 : les autres partenaires commerciaux du fournisseur.

La consolidation du levier écologique

La maîtrise des impacts environnementaux de l’activité des entreprises a été un thème central en 2021 et le sera encore en 2022. 

Les entreprises engagées dans une démarche RSE doivent en effet anticiper les différents risques d’impacts environnementaux qui peuvent résulter de leurs activités et de leurs produits ou services afin de prendre des mesures pour les éviter.

En outre, la RSE suppose que les entreprises visent à réduire les conséquences et réparent les dommages qu’elles ont pu causer à l’environnement.

Les entreprises engagées dans une démarche RSE tendent pour les années à venir à mettre en place une transition écologique vers de nouveaux modèles respectueux de l’environnement.

De même, les impacts environnementaux du numérique sont présents sur l’ensemble de la chaîne de valeur et du cycle de vie des produits, c’est pourquoi les entreprises commencent à s’interroger sur les mesures à mettre en place afin de réduire l’impact environnemental des data centers.

La place grandissante des labels, normes et certifications

Les labels occupent une place importante dans une démarche RSE car ils permettent de garantir les valeurs RSE véhiculées par les entreprises engagées.

Les labels RSE sont gages de confiance et participent au développement de la RSE dans les entreprises de toute taille. Par ailleurs, les labels permettent aux donneurs d’ordres de sélectionner leurs fournisseurs.

Parmi les labels connus, citons entre autres le label LUCIE 26000, le label Engagé RSE de l’Afnor ou encore le label Fair For life d’Ecocert.

Des labels, normes et certifications qui sont d’ores et déjà des incontournables pour gagner la confiance des clients, fournisseurs et autres partenaires commerciaux.

Evolution de la RSE : quelles perspectives à venir ?

La RSE promet d’investir différents domaines dont celui du numérique qui touche des dimensions sociétales, sociales mais aussi environnementales et éthiques.

En effet, la RSE impacte le champ du numérique concernant la gestion des données détenues par les entreprises. Les données informatiques exploitées par les entreprises ont une ampleur considérable puisqu’elles concernent autant les droits humains que les thèmes économiques, écologiques et politiques.

La RSE devrait, dans un avenir plus ou moins proche, tendre vers un renforcement de la gestion des données détenues par les entreprises en incitant ces dernières à former aux enjeux du numérique les dirigeants, salariés et autres acteurs de l’entreprise.

Par ailleurs, la Commission européenne a récemment mis en avant le projet de finance durable sur la taxonomie des activités vertes en créant un projet de règlement établissant une norme européenne pour les obligations vertes.

La taxonomie est une classification au niveau européen, permettant d’identifier les activités durables sur le plan environnemental c’est-à-dire les activités bas carbone. La taxonomie verte a pour but de valoriser les secteurs d’activités où il est préférable d’investir pour permettre à l’Europe d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Une nouvelle réglementation qui semble déjà avoir sa place dans les critères de la RSE. 
Enfin, il ne faut pas oublier l’importance du rôle du consommateur, dont les avis impactent directement la notoriété d’une marque. A l’heure où le consommateur adhère aux achats responsables, l’avis du consommateur promet d’être un des critères prioritaires de la RSE.

Textes de référence :
Rémi Lentheric

Au cœur des enjeux métiers des Directions Achats, notamment par l’animation du Club des Acheteurs (réseau CNA), j’accompagne les grandes entreprises et les PME dans l’utilisation de Provigis depuis plus de 10 ans en garantissant leurs processus de conformité fournisseurs.

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