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LES ACQUIS ET LES DÉFIS DE LA SOLIDARITÉ ÉCONOMIQUE DANS LES RELATIONS CLIENTS-FOURNISSEURS

Publié le Tuesday, September 15, 2020 par Marie Le Cam

Remi LENTHERIC, directeur de Provigis et Pierre PELOUZET, médiateur des entreprises, présentent le nouveau baromètre d’évaluation de la relation clients-fournisseurs. Cette étude a pour objectif de présenter l’état des relations entre clients et fournisseurs TPE/PME et de mesurer la capacité de ces entreprises à s’engager dans une plus grande solidarité économique en s’appuyant sur le label Relations fournisseurs et achats responsables (RFAR). Effectuée avant la crise liée à la COVID-19, cette enquête permet de mieux analyser le niveau de responsabilité des entreprises dans leurs relations avec leurs partenaires commerciaux et ainsi appréhender les acquis et les défis de la solidarité économique dans les relations clients-fournisseurs dans le cadre du plan de relance post-COVID.

Les délais de paiement toujours en tête des préoccupations

L’étude confirme que les délais de paiement arrivent en tête des préoccupations des entreprises parmi les différentes pratiques d’achats responsables mises en oeuvre. Cela confirme l’état de tension sur ce sujet dont les conséquences sont concrètes notamment pour leur trésorerie. Par ailleurs, l’équilibre des dispositions contractuelles préoccupe deux fois plus les TPE que les PME. Les délais de paiement et l’équilibre des relations contractuelles sont des points clés du référentiel du label RFAR. Ces problématiques historiques prennent une toute autre importance dans le contexte actuel et l’esprit de solidarité économique que le gouvernement souhaite insuffler doit permettre de mieux lutter contre les dérives dans ces domaines.

Connaitre sa chaine d’approvisionnement est un facteur clé pour la qualité de la relation

74% des PME et 61% des TPE interrogées disposent d’un référentiel à jour de tous leurs fournisseurs et/ou fournisseurs actifs. La connaissance des fournisseurs permet d’avoir des informations précises quant aux prix, aux variétés de produits proposés, aux délais de paiement, aux conditions de livraison ou encore à la qualité du service après-vente mais également d’avoir une bonne connaissance de la base des contacts et de la documentation réglementaire. C’est un atout pour l’efficacité de la prise de décision et la qualité de la relation.

 Néanmoins, il faut noter qu’une PME sur quatre et une TPE sur deux ne dispose pas de dispositif d’évaluation et de suivi de conformité des fournisseurs. Par ailleurs, le partage collaboratif des informations sur la qualification des fournisseurs ne semble pas être une priorité puisque 34% des PME et 52% des TPE ne le font pas ou n’en ont pas connaissance. La crise aura sûrement révélé la nécessité de renforcer ce partage notamment en interne.

Selon une étude du Médiateur des entreprises*, ceux qui connaissent bien leurs fournisseurs affirment avoir mieux géré la crise et avoir pu engager le dialogue tout de suite, connaître l’état des stocks chez leurs fournisseurs, etc… Il sera intéressant de vérifier lors du prochain baromètre post-COVID, si ces dispositifs si importants sont pris en compte car ces mêmes entreprises s’étaient rendues compte qu’elles ne connaissaient pas encore assez leur chaîne d’approvisionnement et qu’elles souhaitaient la renforcer.

*Etude MDE, ADRA, BuyYourWay : Impacts présents et futurs de la COVID-19 sur les chaînes d’approvisionnement et les pratiques d’achats (juin 2020)

Développer ses affaires au sein d’un écosystème vertueux?

L’étude montre qu’avant la crise, près de 2/3 des TPE et PME considéraient les achats responsables comme des valeurs communes à partager avec leur écosystème. Appartenir à une communauté engagée dans les achats responsables était une approche désintéressée ou purement individuelle. La crise a pu changer le panorama pour ces entreprises et il sera intéressant lors de la prochaine enquête d’analyser l’éventuel impact des autres entreprises partageant ces mêmes valeurs dans leur rebond économique. Faire partie d’une communauté d’acheteurs responsables est-il un des leviers de la solidarité économique qui crée les opportunités d’affaires ?

 Avec cette logique purement de valeurs, 42% des PME et 69% des TPE ne mettaient pas en place d’actions de communication concernant leurs engagements en matière d’achats responsables. Très peu d’entreprises faisaient donc valoir leurs engagements pour se différencier de leurs concurrents alors que la RSE et le label RFAR permettent justement d’offrir une meilleure performance globale. Ce sera d’ailleurs peut-être l’un des marqueurs à surveiller lors de la prochaine édition si la solidarité économique passe par une meilleure identification et reconnaissance des entreprises qui mettent en avant leurs pratiques d’achats responsables. Les achats responsables doivent représenter un levier de compétitivité que les acheteurs reconnaissent et valorisent. La communication autour de cet engagement est donc un enjeu important dans le contexte de crise actuel. 

Un pilotage à renforcer

74% des TPE et 35% des PME indiquent que leur Direction Générale s’implique dans la démarche de promotion des achats responsables et le suivi des fournisseurs. Cependant la même proportion de répondants indique qu’aucun responsable n’est désigné dans leur structure pour gérer cette problématique. Chaque acteur met en place la solution qui lui convient le mieux selon sa culture ou son type de management mais il est certainement crucial que les Directions Générales soient sponsors de la démarche.

 Le respect des obligations légales de vigilance (K-bis, URSSAF…), de plus en plus demandé par les clients à leurs fournisseurs, constitue de loin le premier indicateur de suivi mis en œuvre mais seulement à hauteur de 44% pour les PME et 41% pour les TPE.  Autre indicateur d’évaluation important : la RSE. Pour autant, seule une PME sur cinq et une TPE sur sept la considèrent comme un critère d’évaluation. Il existe différentes règles de gestion appliquées en cas d’évaluation jugée insuffisante. En particulier,43% des PME et 37% des TPE mettent en place des mesures afin de trouver une solution. Cela peut consister en un accompagnement vers un plan d’amélioration ou en une analyse plus approfondie du risque fournisseur. Il faut cependant s’inquiéter du fait que dans presque 30% des cas, les PME et TPE considèrent que cela peut justifier une interruption des relations commerciales.
Cela peut consister en un accompagnement vers un plan d’amélioration ou en une analyse plus approfondie du risque fournisseur. Il faut cependant s’inquiéter du fait que dans presque 30% des cas, les PME et TPE considèrent que cela peut justifier une interruption des relations commerciales.
La performance RSE se mesure avec des évaluations de maturité et généralement on constate qu’une entreprise entrée dans ces démarches améliore ses pratiques. Le Médiateur des entreprises recommande donc aux TPE et PME de ne pas brutalement interrompre les relations commerciales mais d’examiner la tendance (est-ce que le fournisseur améliore sa notation ou laisse se dégrader ses pratiques d’année en année ?) avant éventuellement de le sanctionner et d’interrompre les relations commerciales. 

A propos de l’étude :

Cette étude est le fruit du baromètre d’auto-évaluation des candidats au Label RFAR administré par Provigis auprès de 300 entreprises PME et TPE entre le 12 et le 15 octobre 2019. Le questionnaire s’appuie sur les exigences du Label RFAR et bénéficie de la notoriété de Provigis en tant qu’opérateur numérique spécialisé dans la relation client-fournisseurs en matière de conformité des pièces légales, réglementaires et éthiques attestant des pratiques d’achats responsables.

A propos de Provigis :

Créé en 2009, Provigis sécurise les relations commerciales entre les entreprises en garantissant la conformité de l’ensemble des sous-traitants et fournisseurs (obligations réglementaires, travail dissimulé ou illégal, risques RSE, etc. Provigis permet également aux PME et TPE de partager et rendre visibles leurs pratiques responsables vertueuses à tout leur écosystème. Provigis est une société du groupe Freelance.com. Avec un CA pro-forma de 321,6 M€ en 2019* et une présence en France et à l’international (Allemagne, Angleterre, Maroc, Singapour, Suisse), Freelance.com est le leader français de la relation entre les entreprises et leurs talents externes avec une mission : libérer, simplifier, et sécuriser la relation entre les entreprises et leurs talents externes. 

* : CA 2019 proforma suite au rapprochement avec INOP’S, officialisé le 18 juin dernier.

A propos du Médiateur des entreprises :

Le Médiateur des entreprises, placé auprès du ministre de l’Economie et des Finances, vient en aide aux entreprises et aux organisations publiques afin de résoudre gratuitement leurs éventuels litiges via la médiation. La saisine s’effectue depuis le site www.mediateur-des-entreprises.fr .Plus largement, via la charte Relations fournisseurs responsables et le label Relations fournisseurs et achats responsables, il fait évoluer les comportements d’achats, dans le souci de rééquilibrer les relations clients fournisseurs, au service de l’économie. Il intervient également dans le domaine de l’innovation. Son réseau est présent dans toutes les régions

A propos du label RFAR :

Le Label Relations fournisseurs et achats responsables (RFAR) distingue les entreprises ou entités publiques françaises ayant fait la preuve de relations durables et équilibrées avec leurs fournisseurs. Le Label RFAR s’inscrit dans le prolongement de la démarche engagée depuis 2010 par le Médiateur des entreprises et le CNA, au travers de la création de la Charte Relations fournisseurs responsables, qui compte aujourd’hui plus de 2 000 signataires. Il repose également sur « la liste des 36 mauvaises pratiques » répertoriée dans le rapport Volot du 30 juillet 2010 ainsi que sur la prise en compte des meilleures pratiques observées chez les labellisés et son référentiel est désormais adossé à la norme de recommandations internationale ISO20400:2017 Achats Responsables-Lignes directrices. Il est le seul label attribué par les pouvoirs publics en la matière. Les 51 organisations privées ou publiques labellisées, représentent environ 114 milliards d’euros d’achats annuels.

Marie Le Cam

Curieuse des nouvelles technologies et des services numériques existants, j’ai à cœur de favoriser le partage et les réflexions sur les thématiques qui peuvent apporter des solutions innovantes et digitales aux nouveaux enjeux des Directions Achats !

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